Mardi 18 septembre 2007
Madrid, J-2.

Lise est partie le 18 août pour Ann Harbor, l'Université du Michigan. Dans ses bagages, toute sa garde-robe, dont la fameuse doudoune en plume d'oie censée assurer sa survie cet hiver. Cela dit, pour l'heure, quand elle met des ballerines, elle jure parmi les tapis de tongs des amphis.
Elise s'envole le... euh, vers le 20, si elle se décide. Elle appréhende son départ plus que tout. Une fois sur place, elle adorera, j'en suis sûre. Mais pour l'heure, elle a bati une muraille anti-Dublin entre ses oreilles, qui commence tout juste à se fissurer.
Quant à moi... Je débarque à Madrid le 20, 4 jours avant le début de mon stage à l'Institut Français, un organisme chargé de promouvoir la culture française à l'étranger. Bérénice travaillera aussi pour un Institut Français, mais à Budapest. Elle a paniqué quelques jours avant son départ. Pourtant, elle s'extasie un peu plus chaque jour. A chacune son aventure : une langue complètement inconnue (le hongrois, szegény), un autre continent, une culture plutôt hostile a priori.

Grâce au site segundamano.es (donné par Anthony, merci encore), j'ai trouvé ma colocation. Ce ne fut pas si évident. Tous les jours, aller sur le site, sélectionner les annonces pas douteuses, éviter les :
- on n'a pas la télé et on ne la veut pas, et puis personne qui n'invite des amis ou fait la fête
- homme qui cherche une colocatRICE
- couple loue une chambre, sans droit d'accès au salon...
- 2 garçons (et mes sous-vêtements, je les fais sécher où ? Dans un bunker ?)
- je cultive ma marijuana

Au final, ça traînait, c'était bizarre ou loin du centre... Quand soudain, le miracle : un duplex en plein centre, avec 3 filles. Je me jette dessus, réponds immédiatement à chaque mail, et je le décroche. Claudia, Elena et ??? sont donc mes colocatrices pour les 9 mois à venir. Aurais-je la grande chambre, avec le lit double ? Ou la petite, pas du tout adaptée aux centaines de visites que j'espère recevoir ? Dois-je amener un fer à repasser ? Un supermarché à côté ? Certaines questions restent en suspens, il faut bien y avoir des surprises une fois sur place. Je me prépare toutefois du mieux que je peux, c'est-à-dire à grand renfort de guides et plans en tout genre. Je connais déjà pratiquement le chemin à emprunter pour me rendre de l'appartement à mon stage. Car oui, je peux y aller à pieds !

En attendant, je vois beaucoup mes amis, et rien qu'en l'écrivant, mon ventre se serre et mes pieds se crispent. Ils vont énormément me manquer. Evidemment, je n'ai pas le temps de tous les revoir, vu que je passe mes après-midi à cavaler entre la pharmacie pour faire des provisions de médicaments, l'opticien pour ne pas être à cours de lentilles et Sciences-po qui ne se presse pas pour finaliser ma convention. J'aurais dû mettre à profit toutes ces heures de métro pour réviser mes conjugaisons espagnoles, mais hum, j'ai estimé que les centaines de mails que j'ai envoyés auront été des révisions suffisantes. Je regretterai sans doute quand je bégaierai bêtement un "tengo... quiero... Si !" dans la cuisine.

Mais dans 48h, tout sera oublié, je serai sans doute en train de défaire mes valises avec ma mère. J'espère avoir internet là-bas, apparemment elles piquent le wifi à un parc voisin, pourvu que ça fonctionne bien.

Travailler, vivre avec 3 filles, parler espagnol. Dans deux jours, je suis lancée. Enfin ! Ca me panique, m'excite, me donne chaud, puis froid, électrise mes nerfs et torture mon estomac.

Par Sarah F. - Publié dans : Thalie dans tous ses états
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Dimanche 27 mai 2007
I'm too sexy for my love, my shirt, my car, my hat, my cat...

   Dire sexy, c'est si funky. Un an et demi que ce mot me poursuit. Il est partout, dans toutes les bouches, toutes les lignes.
  
   Un prof nous conseillait d'écrire des intros sexy. Un jour, j'ai parlé de lien qui attache, enferme, coince... J'ai eu une note record. Une fois, j'ai expliqué que le langage ne s'arrêtait pas au mot, que le corps aussi peut exprimer des pensées et émotions. Il a adoré. C'est donc ça le sexy ? Des allusions innocentes, que je n'écrivais pas pour satisfaire sa libido mais parce qu'elles me paraissaient pertinentes et pas ambigues à première ? Le lien n'était pas SM, et pour le langage du corps, je pensais aux rougissements, aux frissonnements. En fait, ces intros sexy, c'était juste des débuts de copie modernes, aguicheurs, qui donnaient envie de lire la suite. Pourtant, il disait sexy ce prof.


   Maintenant, de plus en plus de filles, à l'instar de Paris Hilton et son "that's hot" dans Simple Life, ponctuent toutes leurs phrases d'un "sexy". Et ça, c'est sexy.
"J'aime bien cet immeuble Art Déco, elle est sexy".
"Tiens ton stylo  qui est tombé/ Sexy !".
Au début, j'étais amusée. Puis interloquée. Lassée. Agacée. Et finalement, perplexe. Retour à la case départ. Je ne sais toujours pas ce que ça veut dire. Et l'explication courante (ce sont des écervelées qui l'utilisent à tout va) ne me satisfait pas.




   A la question "quelle actrice française trouvez-vous la plus sexy ?"Reese Witherspoon avait répondu que "Juliette Binoche is very sexy" (est-ce parce qu'elle ne connaît qu'elle et Catherine Deneuve comme actrices françaises ?). Quelques semaines plus tard, on a passé cet extrait à Juliette B., ça l'a fait sourire "oui d'accord... Mais bon sexy, ça veut dire quoi ? Tout et rien, on l'emploie parce que c'est à la mode".

   Je ne suis donc pas la seule à examiner en vain ces quatre lettres. Je ne m'interroge pas sur sa côté de popularité actuelle, car je tomberais rapidement dans un constat banal de l'utilisation excessive du corps de la femme. Non, c'est vraiment sa définition qui m'intrigue.

   Le pire, c'est quand on m'a dit que moi (!) je l'étais. Laissez cette sale bête à Pamela Anderson, à Scarlett Johansson, ces femmes dont le front, les paupières, les lèvres arborent un éloquent "your bed wants me". Ce n'est pas moi ! Peut-être suis-je juste trop jeune pour accepter ce terme, peut-être que le jour où j'aimerais avec effusion ma silhouette, je mettrai cet épithète en tête de mes portraits.

   A vous donc : si vous connaissez le sens réel de "sexy", si vous bouillonnez d'envie de m'éclairer sur sa signification... Les commentaires vous sont ouverts.


Par Sarah F. - Publié dans : La Crise de la Culture
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A écouter

Mémoire d'une surveillante

Toutes sortes de phrases incongrues, insensées ou mignonnes que j'ai pu entendre au travail (ah j'adore écrire ça !).

Vendredi, 17h15, fin des retenues, j'étais heureuse quand une fille engage la conversation avec deux garçons :

"Oh tu vas voir Marylin Manson ? La chance, j'avais trop envie"

"Mais euh tu sais, c'est un peu dangereux pour les filles... T'es écrasée, ton soutien-gorge tient pas le coup, enfin c'était comme ça pour Korn"

"Non mais je sais, moi je tiens le coup, c'était comme ça pour Sean Paul"

1) Marylin Manson. Ils ont à peine 15 ans. Moi il me fait encore cauchemarder !
2) Le si chic détail de lingerie
3) Sean Paul. Cf. le 1. L'aspect morbide étant remplacé par un côté vulgaire.

Brrrrr !

Les chansons du moment, inspirées (très logiquement, non ?) par le mot sexy :




* I know what boys like, des Waitresses, merci le MySpace du Bda


 

* Would You ?, de Touch & Go,  incarnation de mon article


* Sexyback, de Justin Timberlake, d'une parce qu'il l'est, de deux parce que... Bercyyyyyy !


 

 
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